Les 15 Langues les Plus Parlées en Russie en 2026

La Russie abrite plus de 100 langues, mais lesquelles sont réellement les plus parlées ? Du russe au tatar, du tchétchène à l'ossète, découvrez le classement des 15 langues principales de la Fédération de Russie avec le nombre exact de locuteurs et les régions où elles sont pratiquées.

Avec ses 17 millions de km² et ses 190 ethnies recensées, la Russie est l'un des pays les plus diversifiés sur le plan linguistique au monde. Si le russe domine comme langue officielle et véhiculaire, des millions de citoyens russes parlent quotidiennement une autre langue — qu'elle soit turque, caucasienne, ouralienne ou européenne. Ce classement, basé sur les données du recensement russe, présente les 15 langues les plus parlées en Russie par nombre de locuteurs.

Contrairement à notre article sur les langues des peuples de Russie, qui recense l'ensemble des ~100 langues classées par famille linguistique, cette page se concentre exclusivement sur le top 15 par nombre de locuteurs, avec des chiffres précis et des informations régionales.

Diversité linguistique en Russie
La Russie, mosaïque de langues et de cultures sur un territoire immense

Classement des 15 langues les plus parlées en Russie

Le tableau ci-dessous présente les 15 langues les plus parlées sur le territoire de la Fédération de Russie, selon les données du recensement. Il inclut à la fois les langues autochtones (tatar, tchétchène, bachkir) et les langues étrangères largement maîtrisées par la population (anglais, allemand, français).

Rang Langue Nombre de locuteurs Famille linguistique Région principale
1 Russe 130 000 000+ Indo-européenne (slave) Ensemble du territoire
2 Anglais 7 000 000+ Indo-européenne (germanique) Grandes villes (Moscou, Saint-Pétersbourg)
3 Tatar 4 000 000+ Turque (kiptchak) Tatarstan, Bachkirie
4 Allemand ~2 000 000 Indo-européenne (germanique) Sibérie, région de la Volga
5 Tchétchène 1 300 000 Caucasienne du Nord-Est (nakh) République tchétchène
6 Bachkir 1 152 000 Turque (kiptchak) Bachkortorstan
7 Ukrainien 1 129 000 Indo-européenne (slave) Régions frontalières, grandes villes
8 Tchouvache 1 000 000+ Turque (oghoure) République de Tchouvachie
9 Avar 715 000 Caucasienne du Nord-Est (avar-andi) Daghestan
10 Arménien 660 000 Indo-européenne (arménienne) Région de Krasnodar, Moscou
11 Français 616 000 Indo-européenne (romane) Moscou, Saint-Pétersbourg
12 Kabardino-circassien 500 000+ Caucasienne du Nord-Ouest (adyghé) Kabardino-Balkarie, Karatchaïevo-Tcherkessie
13 Darguine 485 000 Caucasienne du Nord-Est (darguine) Nord-Est du Daghestan
14 Azerbaïdjanais 473 000 Turque (oghouze) Daghestan, région de la Caspienne
15 Ossète 451 000 Indo-européenne (iranienne) Ossétie du Nord-Alanie

Ce classement révèle une réalité fascinante : sur les 15 langues les plus parlées en Russie, on trouve quatre familles linguistiques distinctes — les langues indo-européennes, turques, caucasiennes du Nord-Est et caucasiennes du Nord-Ouest. Cette diversité reflète l'histoire plurimillénaire du territoire russe et les vagues successives de peuplement qui l'ont façonné.

Le russe : langue officielle et lingua franca

Avec plus de 130 millions de locuteurs sur le territoire de la Fédération, le russe est sans conteste la langue dominante du pays. Langue officielle inscrite dans la Constitution, il sert de lingua franca entre les différentes communautés linguistiques et reste la langue de l'administration, de l'éducation supérieure et des médias.

Le russe appartient à la branche slave orientale de la famille indo-européenne, aux côtés de l'ukrainien et du biélorusse. Il utilise l'alphabet cyrillique, créé au IXe siècle par les disciples des saints Cyrille et Méthode. La langue russe standard, codifiée aux XVIIIe et XIXe siècles, s'est imposée comme norme éducative dans l'ensemble de l'Empire, puis de l'Union soviétique.

Aujourd'hui, la quasi-totalité des citoyens russes maîtrise le russe, même si, pour environ 20 millions d'entre eux, ce n'est pas la langue maternelle. Dans les républiques autonomes comme le Tatarstan ou la Tchétchénie, le russe coexiste avec la langue régionale dans un bilinguisme institutionnel. Les meilleures universités russes dispensent la grande majorité de leurs cours en russe, ce qui renforce son rôle central dans la société.

Le tatar : deuxième langue de Russie

Le tatar, avec ses 4 millions de locuteurs, est la première langue régionale autochtone de Russie et la plus importante langue turque du pays. Parlée principalement au Tatarstan (où elle bénéficie du statut de langue officielle aux côtés du russe) et en Bachkirie, elle possède une riche tradition littéraire remontant au Moyen Âge.

Le tatar appartient au groupe kiptchak de la famille des langues turques. Il s'écrit aujourd'hui en alphabet cyrillique, bien que des tentatives de passage à l'alphabet latin aient eu lieu dans les années 2000. Le Tatarstan, dont la capitale est Kazan, mène une politique linguistique active pour préserver et promouvoir l'usage du tatar dans l'éducation, l'administration et les médias régionaux.

La culture tatare, qui mêle héritage turco-mongol et influences islamiques, contribue largement à la diversité religieuse et culturelle de la Fédération de Russie. Les Tatars forment la deuxième ethnie du pays après les Russes ethniques.

Peuples des montagnes du Caucase - langues régionales
Les montagnes du Caucase, berceau d'une extraordinaire diversité linguistique

Les langues du Caucase du Nord

Le Caucase du Nord est la région la plus linguistiquement diversifiée de Russie — et l'une des plus diversifiées au monde. Cinq des quinze langues de notre classement en sont originaires, témoignant de la richesse culturelle de cette région montagneuse souvent surnommée la « montagne des langues ».

Le tchétchène (1,3 million de locuteurs)

Le tchétchène est la langue du peuple tchétchène, principalement parlée dans la République tchétchène (capitale : Grozny). Appartenant à la famille des langues nakh du Nord-Est caucasien, le tchétchène se caractérise par un système phonologique complexe avec de nombreuses consonnes éjectives. Avec 1,3 million de locuteurs, c'est la troisième langue autochtone de Russie après le russe et le tatar.

L'avar (715 000 locuteurs)

L'avar est la langue la plus répandue du Daghestan, république qui à elle seule compte plus de 30 langues distinctes. Langue véhiculaire des régions montagneuses du Daghestan occidental, l'avar sert de moyen de communication entre plusieurs petits groupes linguistiques voisins. Sa grammaire, avec son système de classes nominales et sa morphologie complexe, fascine les linguistes du monde entier.

Le kabardino-circassien (500 000+ locuteurs)

Le kabardino-circassien (ou kabarde) est une langue du groupe adyghé de la famille caucasienne du Nord-Ouest. Parlée en Kabardino-Balkarie et en Karatchaïevo-Tcherkessie, elle est célèbre pour son système consonantique exceptionnellement riche — l'un des plus étoffés de toutes les langues connues — et son système vocalique réduit à seulement deux ou trois voyéles.

Le darguine (485 000 locuteurs)

Le darguine est parlé dans le nord-est du Daghestan. Langue du groupe darguine de la famille caucasienne du Nord-Est, il se subdivise en plusieurs dialectes parfois difficilement inter-compréhensibles. Le darguine est une langue ergative avec un système de classes nominales à trois genres.

L'ossète (451 000 locuteurs)

L'ossète se démarque des autres langues caucasiennes de ce classement : c'est en réalité une langue indo-européenne de la branche iranienne, descendante de la langue des anciens Alains. Parlée en Ossétie du Nord-Alanie, elle se divise en deux dialectes principaux : l'iron (majoritaire) et le digor. C'est la seule langue iranienne autochtone du Caucase du Nord.

Les langues turques et ouraliennes

Les langues turques constituent la deuxième famille linguistique la plus représentée en Russie après les langues indo-européennes. Outre le tatar (déjà évoqué), deux autres langues turques figurent dans le top 15 : le bachkir et le tchouvache.

Le bachkir (1 152 000 locuteurs)

Le bachkir est la langue officielle du Bachkortostan (ou Bachkirie), république située dans l'Oural méridional dont la capitale est Oufa. Proche du tatar sur le plan linguistique (les deux appartiennent au groupe kiptchak), le bachkir s'en distingue néanmoins par plusieurs traits phonétiques et lexicaux. Avec 1 152 000 locuteurs, c'est la quatrième langue autochtone de Russie.

Le tchouvache (1 000 000+ de locuteurs)

Le tchouvache est la langue la plus atypique de la famille turque. Seul représentant vivant de la branche oghoure (bulgarique), il a divergé des autres langues turques il y a environ deux millénaires, ce qui le rend largement incompréhensible pour les locuteurs des autres langues turques. Parlé dans la République de Tchouvachie (région Volga-Oural), le tchouvache conserve des traits archaïques précieux pour la linguistique comparée turque.

La présence de ces langues turques dans le top 15 reflète l'héritage historique des peuples nomades qui ont façonné les régions de la Volga et de l'Oural. Pour une cartographie complète de toutes les langues turques de Russie, consultez notre guide sur les langues des peuples de Russie par famille linguistique.

Diversité culturelle et religieuse en Russie
La diversité culturelle et religieuse de la Russie se reflète dans ses langues

Langues européennes parlées en Russie

Le classement comprend également six langues d'origine européenne, témoignant des liens historiques de la Russie avec l'Europe et des flux migratoires au sein de l'espace post-soviétique.

L'anglais (7 millions+ de locuteurs)

L'anglais est la langue étrangère la plus étudiée et la plus maîtrisée en Russie. Avec 7 millions de locuteurs, il se place en deuxième position globale. La maîtrise de l'anglais est concentrée dans les grandes métropoles — Moscou et Saint-Pétersbourg en tête — et parmi les jeunes générations urbanisées. Il est enseigné comme première langue étrangère dans la grande majorité des établissements scolaires russes.

L'allemand (~2 millions de locuteurs)

L'allemand occupe la quatrième place du classement avec environ 2 millions de locuteurs. Cette présence significative s'explique par l'histoire des Allemands de la Volga, installés en Russie depuis le XVIIIe siècle sur invitation de Catherine II. Même après les déportations staliniennes, des communautés germanophones subsistent en Sibérie et dans la région de la Volga. L'allemand reste aussi la deuxième langue étrangère enseignée dans les écoles russes.

L'ukrainien (1 129 000 locuteurs)

L'ukrainien, langue slave orientale proche du russe, est parlé par plus d'un million de personnes en Russie. Les locuteurs se concentrent dans les régions frontalières et dans les grandes villes où résident d'importantes communautés ukrainiennes. Les deux langues partagent un haut degré d'inter-compréhensibilité, ce qui facilite l'intégration linguistique de ces communautés.

L'arménien (660 000 locuteurs)

La communauté arménienne de Russie est l'une des plus importantes diasporas arméniennes au monde. Avec 660 000 locuteurs, l'arménien se maintient dans la région de Krasnodar, à Moscou et dans le sud de la Russie. L'arménien forme une branche indépendante de la famille indo-européenne et utilise son propre alphabet, créé au Ve siècle par Mesrop Machtots.

Le français (616 000 locuteurs)

Fait remarquable : le français est la 11e langue la plus parlée en Russie avec 616 000 locuteurs. Cet héritage remonte à l'époque impériale, lorsque le français était la langue de l'aristocratie et de la diplomatie russes — Tolstoï lui-même écrivit des passages de Guerre et Paix en français. Aujourd'hui, le français reste enseigné comme langue étrangère dans de nombreuses écoles et universités russes. Pour approfondir les liens culturels entre la France et la Russie, consultez les ressources de langue-russe.fr et heritagerusse.fr.

L'azerbaïdjanais (473 000 locuteurs)

L'azerbaïdjanais, langue turque du groupe oghouze proche du turc de Turquie, est parlé par 473 000 personnes en Russie, principalement au Daghestan méridional et dans les grandes villes. La communauté azerbaïdjanaise, l'une des plus dynamiques du Caucase, maintient activement sa langue et sa culture au sein de la Fédération.

La diversité linguistique russe en 2026

En 2026, la question linguistique en Russie reste un enjeu majeur. Si le russe domine sans partage comme langue de communication interethnique, les langues régionales font face à des défis considérables. L'urbanisation croissante, la migration vers les grandes villes et la domination médiatique du russe exercent une pression sur la transmission intergénérationnelle des langues minoritaires.

Plusieurs républiques autonomes mènent des politiques de préservation linguistique. Le Tatarstan a mis en place un enseignement bilingue russe-tatar dans ses écoles. La République tchétchène promeut activement l'usage du tchétchène dans l'administration locale. Au Daghestan, les programmes scolaires intègrent l'enseignement des langues locales comme l'avar et le darguine.

Néanmoins, la tendance générale est au recul des langues minoritaires. Certaines langues autochtones de Sibérie et du Grand Nord ne comptent plus que quelques centaines de locuteurs. Le défi pour la Russie de 2026 est de concilier l'unité nationale autour du russe avec la préservation de ce patrimoine linguistique exceptionnel qui fait la richesse de la Fédération.

La Russie possède l'un des patrimoines linguistiques les plus riches de la planète. Préserver cette diversité est un enjeu culturel, scientifique et humain qui dépasse les frontières du pays.

Pour un panorama complet de l'ensemble des langues de Russie classées par famille linguistique — turques, finno-ougriennes, mongoles, tungouses, paléosibériennes et bien d'autres — nous vous invitons à consulter notre article détaillé sur les langues des peuples de Russie.

Le multilinguisme en Russie : politique linguistique et enjeux

La Fédération de Russie constitue un cas d'étude fascinant en matière de politique linguistique. Comment un État s'étendant sur onze fuseaux horaires, abritant 190 ethnies reconnues et plus de 100 langues vivantes, organise-t-il la coexistence de ces idiomes ? La réponse tient dans un équilibre complexe entre centralisation fédérale et autonomie régionale, hérité en partie de la période soviétique et en constante rénégociation.

Le cadre constitutionnel : le russe et les langues régionales

L'article 68 de la Constitution de la Fédération de Russie établit le russe comme « langue d'État » sur l'ensemble du territoire. Parallèlement, les 22 républiques constitutives (Tatarstan, Bachkirie, Tchétchénie, Bouriatie, Sakha-Iakoutie, etc.) ont le droit d'établir leurs propres langues co-officielles aux côtés du russe. Ce système a permis à 37 langues d'obtenir un statut officiel régional, une configuration unique au monde par son ampleur.

Dans la pratique, le degré de bilinguisme effectif varie considérablement d'une république à l'autre. Au Tatarstan, la politique linguistique est particulièrement volontariste : l'enseignement bilingue russe-tatar est proposé dans l'ensemble des écoles publiques, les panneaux de signalisation sont bilingues, et les institutions régionales fonctionnent dans les deux langues. En Tchétchénie, le tchétchène bénéficie d'une promotion active dans l'administration locale et les médias régionaux. En revanche, dans certaines républiques comme la Carélie ou l'Adyguée, le statut co-officiel reste largement symbolique, le russe dominant dans tous les domaines de la vie publique.

La loi de 2018 et ses conséquences

Un tournant majeur est survenu en 2018 avec l'adoption d'une loi fédérale rendant facultatif l'enseignement des langues régionales dans les écoles des républiques autonomes. Jusqu'alors, le Tatarstan imposait l'apprentissage du tatar à tous les élèves, y compris les russophones. La nouvelle législation, présentée comme une mesure de liberté individuelle, a été perçue par de nombreuses communautés linguistiques comme une attaque contre le multilinguisme.

Les conséquences se font déjà sentir. Au Tatarstan, le nombre d'heures d'enseignement du tatar a diminué de manière significative. Les parents russophones, désormais libres de choisir, retirent massivement leurs enfants des cours de tatar, réduisant la visibilité et le prestige de la langue dans l'espace scolaire. Ce mouvement inquiète les défenseurs du multilinguisme, qui y voient le début d'une homogénéisation linguistique accélérée.

Éducation bilingue : modèles et défis

L'éducation bilingue en Russie emprunte des modèles variés. Le modèle « transitionnel », le plus répandu, utilise la langue régionale dans les premières années de scolarité avant de basculer entièrement vers le russe. Le modèle « de maintien », pratiqué au Tatarstan et en Iakoutie, vise un bilinguisme équilibré tout au long de la scolarité. Le modèle « d'enrichissement », encore marginal, propose l'apprentissage d'une langue régionale comme discipline à part entière, même aux élèves qui ne la parlent pas en famille.

Le défi principal réside dans la formation des enseignants. Beaucoup de langues régionales manquent de manuels scolaires actualisés, de matériel pédagogique numérique et, surtout, de professeurs qualifiés. Les jeunes locuteurs natifs, attirés par des carrières mieux rémunérées dans les grandes villes, délaissent souvent l'enseignement des langues minoritaires, créant un cercle vicieux de déclin.

L'enjeu identitaire et géopolitique

La question linguistique en Russie dépasse le cadre culturel pour toucher à des enjeux identitaires et géopolitiques profonds. Pour les républiques autonomes, la langue est le marqueur premier de l'identité ethnique et le fondement symbolique de l'autonomie politique. La perte de la langue équivaut, dans la perception de nombreuses communautés, à la disparition de la nation elle-même. Pour l'État fédéral, le russe reste le ciment de l'unité nationale et le véhicule de la citoyenneté commune. Trouver un équilibre entre ces deux légitimités constitue l'un des défis les plus subtils de la gouvernance russe contemporaine. Pour une vue d'ensemble de toutes les familles linguistiques présentes en Russie, consultez notre article sur les langues des peuples de Russie.

Questions fréquentes

Après le russe (130 millions de locuteurs), l'anglais est la deuxième langue la plus parlée en Russie avec environ 7 millions de locuteurs, suivi du tatar avec 4 millions de locuteurs. Le tatar est cependant la première langue régionale autochtone de Russie.

Environ 616 000 personnes parlent français en Russie, ce qui en fait la 11e langue la plus parlée du pays. Cet héritage remonte à l'époque impériale où le français était la langue de l'aristocratie russe.

Oui, le tatar appartient à la famille des langues turques (branche kiptchak). C'est la langue turque la plus parlée en Russie avec environ 4 millions de locuteurs, principalement au Tatarstan et en Bachkirie.

La Russie compte plus de 100 langues en raison de son immense territoire (17 millions de km²) et de la diversité de ses 190 ethnies. Les conquêtes historiques, les migrations et l'isolement géographique de certaines régions (Caucase, Sibérie) ont permis la préservation de nombreuses langues autochtones.

Parmi les 15 langues les plus parlées de Russie, cinq sont originaires du Caucase : le tchétchène (1,3 million), l'avar (715 000), le kabardino-circassien (500 000+), le darguine (485 000) et l'ossète (451 000). Le Daghestan à lui seul abrite plus de 30 langues distinctes.

Depuis la loi fédérale de 2018, l'enseignement des langues régionales est devenu facultatif dans les écoles des républiques autonomes. Avant cette loi, certaines républiques comme le Tatarstan imposaient l'apprentissage de la langue locale à tous les élèves. Cette réforme a suscité de vives réactions dans les communautés linguistiques concernées.

L'éducation bilingue en Russie suit principalement le modèle « transitionnel » (langue régionale en début de scolarité, puis basculement vers le russe). Le Tatarstan et la Iakoutie pratiquent un modèle « de maintien » visant un bilinguisme équilibré. Le défi principal reste la pénurie d'enseignants qualifiés et de manuels actualisés en langues régionales.

En plus du russe, langue d'État fédérale, 37 langues possèdent un statut co-officiel dans les différentes républiques constitutives de la Fédération de Russie. Ce système de bilinguisme régional est l'un des plus étendus au monde. Le degré d'application effective varie cependant considérablement d'une république à l'autre.